Un management pernicieux

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surveillance professionnelle

THOTLOG vous partage le témoignage reçu d’une salariée, ingénieure commerciale dans une grande entreprise, sur les méthodes de management de son responsable des ventes.

Ce responsable, ancien ingénieur commercial, devient chef des ventes au sein de son entreprise, une grande multinationale. C’est une promotion interne réalisée sans formation au management d’équipe. Cette pratique de promotion d’ingénieur commercial à chef des ventes est courante au sein du groupe.

A la prise de ses nouvelles fonctions, il énonce à son équipe cette devise qu’il ne cessera de répéter très souvent : « la confiance n’exclût pas le contrôle, et j’ai confiance ! ». Ce nouveau manager encadre quinze commerciaux ayant chacun un statut de cadre autonome. Les secteurs de ces commerciaux de terrain s’étendent sur toute l’île de France.

Très vite l’ambiance devient tendue et se dégrade au sein de l’équipe. Dans son fonctionnement construit sur la surveillance et le contrôle, ce manager impose une nouvelle organisation basée sur un planning quotidien rigide, applicable pour l’ensemble des membres de l’équipe, et n’acceptant aucun aménagement spécifique. En effet, ce nouveau manager ne tient pas compte des spécificités d’éloignement géographique des commerciaux par rapport à leur lieu de résidence et leur secteur de vente. Il leur impose d’être présent dans les locaux du siège chaque jour, matin et soir, à des horaires fixes pour pointer, et ainsi être contrôler.

L’équipe souffre d’un stress important par la pression des horaires imposés par leur manager. Fatigue et épuisement chronique s’installent rapidement au sein de cette équipe.

Hormis le contrôle excessif du temps de travail, ce chef des ventes examine systématiquement la véracité des contenus, des rendez-vous réalisés et des informations collectées par les commerciaux qu’il encadre. La défiance s’exprime désormais au quotidien dans les échanges entre l’équipe et le manager.

De plus, pour imposer son autorité, le manager coupe court à toute prise d’initiative et d’autonomie. Lors des réunions d’équipes périodiques, il usera de pratiques stigmatisantes envers un membre de l’équipe par des reproches répétés sur son travail. Le manager réussit ainsi à déconstruire toute possibilité de cohésion d’équipe en les divisant et les isolant les uns des autres pour mieux les contrôler.

Par peur de représailles chaque commercial se tait et subit ce management autoritariste, fonctionnant par le contrôle, la surveillance, et dans l’absence total de confiance envers ses subordonnés.

La performance des résultats obtenue par les commerciaux, sous la pression du manager, est au rendez-vous, mais au prix d’une importante souffrance individuelle, induisant des départs par démission ou des épuisements professionnels. Pour autant, le taux de turnover important dans cette équipe malmenée n’inquiète pas outre mesure la direction de l’entreprise.

L’analyse de THOLOG :

La responsabilité de la direction de cette entreprise semble clairement engagée pour avoir laissé faire ce type de management pernicieux. Promouvoir un salarié sur des fonctions d’encadrement sans formation ni supervision conduisant à de telles dérives relève de l’incompétence en gestion des ressources humaines. Les conséquences en sont désastreuses en matière de risques psychosociaux.

Diriger et manager dans l’idéologie du contrôle et de la surveillance est contraire à l’autonomie des salariés dans l’entreprise, à leur responsabilité individuelle, à la prise d’initiative, à la confiance mutuelle et la cohésion d’équipe, participant à la prévention des risques psychosociaux et à la qualité de vie au travail.